Presque à la maison : un roman de la Sultana et la dernière grande tragédie de la guerre de Sécession - Relié
par Howard Means (Auteur)
Prison de Cahaba, Alabama, avril 1865
Finalement, on apprend à attendre.
On apprend à attendre pendant que la pluie tombe quatre jours et quatre nuits ; on attend que les rivières débordent, emportant les excréments de la ville et les vôtres ; on attend que ce nouveau lac d’égout commence à s’infiltrer dans l’entrepôt de coton qui est maintenant une prison, votre foyer. Et puis on apprend à attendre dans sa peau et ses os : attendre que le lac-étang-rivière d’égout consume vos orteils, vos pieds, vos chevilles ; attendre qu’il rampe sur vos tibias et vos genoux ; attendre que vos couilles et votre pénis soient trempés ; et puis attendre encore parce que quand vous êtes dans une inondation et qu’il n’est pas permis de partir, il n’y a rien d’autre à faire…
Ainsi commence cette œuvre captivante de fiction historique qui, bien que se déroulant principalement sur terre, commence et se termine, comme il se doit, dans l'eau : la rivière qui a inondé un camp de prisonniers confédérés en Alabama et, à l'autre bout, le puissant Mississippi, tout ce qui se dressait entre des hommes brisés rentrant enfin chez eux, auprès de leurs proches qu'ils avaient quittés des années auparavant.
Au cœur du roman se trouvent quatre prisonniers fictifs de l'Indiana, les hommes de Muncie – George, Ephraim, Henry et Jake – et un garçon nommé Boy. C'est leur histoire, mais c'est aussi l'histoire des dizaines de milliers de véritables captifs qui ont survécu, ou non, souvent dans des conditions indicibles dans les camps de prisonniers de la Guerre de Sécession, tant au Nord qu'au Sud, et de l'avidité et de la corruption qui prospèrent souvent en marge des grands conflits.
Le Sultana avait une capacité affichée de 376 passagers lorsqu'il quitta Vicksburg, Mississippi, dans la nuit du 24 avril 1865, avec plus de 2 000 personnes à bord, dont la grande majorité était des prisonniers de guerre de l'armée de l'Union, enfin en route vers chez eux. Une seule photographie subsistante capture la joie de ce passage. Rien d'autre que la fiction ne peut capturer sa fin. L'auteur Howard Means écrit : « J'espère que ce roman offre au moins du réconfort car, avant tout, c'est un livre sur l'amour. »
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